4 : Sécuriser les accès réseau avec le SASE face aux nouveaux usages de l’IA


Aujourd’hui, les entreprises utilisent de plus en plus d’applications en ligne, de services cloud et d’outils d’intelligence artificielle. Les salariés ne travaillent plus uniquement depuis les locaux de l’entreprise : ils peuvent se connecter depuis chez eux, depuis un ordinateur portable, un téléphone ou un réseau extérieur. Cette évolution rend la sécurité réseau plus complexe, car les données et les utilisateurs ne sont plus protégés uniquement par le réseau interne de l’entreprise.
Un autre problème récent est l’apparition du Shadow AI. Ce terme désigne l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle sans validation officielle de la DSI. Par exemple, un employé peut utiliser ChatGPT, Claude ou un autre outil IA pour résumer un document, corriger du code ou analyser des données, sans forcément savoir si ces informations sont sensibles. Cela peut créer un risque de fuite de données, surtout si des documents internes, des mots de passe, du code source ou des informations confidentielles sont envoyés vers des services externes.
Avant, beaucoup d’entreprises utilisaient surtout un VPN pour permettre aux utilisateurs de se connecter à distance. Le VPN crée un tunnel sécurisé vers le réseau de l’entreprise, mais il a une limite importante : une fois connecté, l’utilisateur peut parfois avoir accès à trop de ressources internes. Si son compte est compromis, un attaquant peut alors essayer de se déplacer dans le réseau. C’est ce qu’on appelle le mouvement latéral.
Pour répondre à ce problème, les entreprises se tournent de plus en plus vers le SASE, qui signifie Secure Access Service Edge. Le SASE regroupe plusieurs outils de sécurité réseau dans une plateforme cloud. Il peut intégrer du ZTNA pour contrôler les accès, du SWG pour filtrer la navigation web, du CASB pour surveiller les applications cloud, du DLP pour éviter les fuites de données, ainsi que des protections DNS et pare-feu. L’objectif est de sécuriser les accès, peu importe l’endroit où se trouve l’utilisateur.

Le SASE fonctionne souvent avec une logique de Zero Trust. Le principe du Zero Trust est simple : on ne fait confiance à personne par défaut, même si l’utilisateur est déjà dans l’entreprise. À chaque connexion, le système vérifie plusieurs éléments : l’identité de l’utilisateur, l’état de sécurité de son appareil, sa localisation, l’application demandée et le niveau de risque. Si tout est conforme, l’accès est autorisé uniquement vers la ressource nécessaire. Sinon, l’accès peut être bloqué ou limité.
Cette approche est plus précise qu’un VPN classique. Au lieu de donner accès à tout un réseau, le SASE donne accès uniquement à une application ou à un service précis. Par exemple, un technicien peut être autorisé à accéder à un serveur d’administration, mais pas aux fichiers de la direction. Un utilisateur peut aussi être autorisé à utiliser un outil IA, mais avec des règles empêchant l’envoi de données sensibles grâce au DLP.

L’arrivée de l’IA rend ce type de sécurité encore plus important. Les entreprises doivent maintenant savoir quels outils IA sont utilisés, par quels utilisateurs, et avec quelles données. Certaines plateformes SASE peuvent détecter l’utilisation d’applications IA non approuvées et appliquer des règles de sécurité. Par exemple, elles peuvent bloquer l’accès à certains outils, afficher un avertissement, ou empêcher l’envoi d’informations confidentielles.
Pour un administrateur réseau, cela change beaucoup de choses. Son rôle ne se limite plus à configurer un VPN ou un pare-feu local. Il doit maintenant mettre en place des politiques d’accès précises, surveiller les applications cloud utilisées par les employés, contrôler les usages de l’IA et protéger les données sensibles. Il doit aussi comprendre les notions de Zero Trust, ZTNA, CASB, DLP et SASE, car ces technologies deviennent de plus en plus présentes dans les entreprises.
Cette évolution montre que la sécurité réseau devient plus intelligente et plus centralisée. Le but n’est plus seulement de connecter un utilisateur au réseau, mais de lui donner le bon accès, au bon moment, depuis le bon appareil, tout en surveillant les risques. Le SASE permet donc d’améliorer la sécurité des accès distants, de limiter les mouvements latéraux et de mieux contrôler les nouveaux usages liés à l’intelligence artificielle.
Impact pour l’administrateur SISR : l’administrateur doit passer d’une logique d’accès global avec un VPN à une logique d’accès précis avec le Zero Trust. Il doit être capable de configurer des règles selon l’utilisateur, l’appareil, l’application et le niveau de risque. Il doit aussi surveiller les outils IA utilisés dans l’entreprise afin d’éviter les fuites de données et les accès non autorisés.
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